Le grand fiasco médiatique…

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Voici sans doute l’un des plus grands fiascos médiatiques de l’Histoire : parmi tous les organes d’information de la planète, aucun ou presque n’avait prévu que Trump pourrait perdre l’élection de justesse, après que le coronavirus avait dévasté l’économie américaine.

Tout le monde s’attendait à un raz de marée électoral pour Biden, homme respecté et respectable Or Trump a réalisé une performance incroyable en échouant sur le fil, alors que tous les éléments s’étaient ligués contre lui et qu’il avait gagné, et de loin, le concours mondial des calembredaines sur le Covid-19. 

La preuve a été faite que le trumpisme est une réalité politique durable. Avec son égotisme de mufle misogyne, Trump est certes humainement indéfendable ; politiquement aussi, à bien des égards. Mais on ne peut que s’insurger contre le traitement qui lui aura été infligé, jusqu’à sa chute, par la bien-pensance médiatique, hystérisée jusqu’au ridicule par cet extravagant président.

Ne sommes-nous pas entrés au stade paroxystique de l’horreur médiatique, quand tout candidat au poste suprême devient illégitime sinon inéligible dès lors qu’il n’est pas de gauche ? Que les médias aient leurs préférences et leurs partis pris, c’est normal. Mais il était triste pour notre métier de voir tant de journalistes transformés en propagandistes enfiévrés, en fébriles attachés de presse, traitant le loufoque Trump de tous les noms parce qu’il ne reconnaissait pas sa défaite – comme Al Gore, qui, en 2000, dans les mêmes conditions, attendit le 12 décembre pour le faire, après une décision de la Cour suprême. Mais il est vrai qu’il était démocrate. 

Ô, « New York Times », qu’ont-ils fait de toi ? ne feuille électorale. Biden méritait mieux que cette avalanche de publireportages à peine dignes du niveau de CM2 qui a déferlé sur la planète. Pour ne pas tomber dans le travers de nos chers confrères, regardons au moins ce qu’il y a sous la croûte grotesque, on en convient volontiers, du trumpisme.

S’il n’a pas été un grand président, l’homme d’affaires aura au moins réussi à réveiller l’économie américaine. Roi de la prophétie autoréalisatrice, il s’est employé à relancer la croissance quoi qu’il en coûte et peu lui chaut l’écologie ! À l’évidence, elle a profité aux minorités et aux classes sociales les plus pauvres.

Tel est le paradoxe : il ne faut pas le dire, le secret a été bien gardé, mais la politique de Trump a profité aux plus démunis. Pendant les trois premières années de son mandat, 4 millions de personnes sont sorties de la pauvreté, dont le taux est tombé à son plus bas niveau depuis 1959. Ce qui explique ses scores en progression chez les Latinos et même chez les Noirs, qui, au début de l’annus horribilis 2020, étaient seulement plus de 5 % à chercher un emploi. Son coup de frein à l’immigration a, par ailleurs, obligé les patrons, faute d’un surcroît de main-d’œuvre, à augmenter les bas salaires. Ce n’est pas être trumpiste que de rappeler ces faits que les médias ont mis sous le boisseau, comme beaucoup d’autres. 

Face à une administration Trump, forteresse assiégée, qui mettait au pinacle les « faits alternatifs », resucée des fake news, les médias ont été aveuglés par la haine : oubliant leur devoir d’honnêteté, ils sont passés à côté du phénomène. Coalisant derrière lui les petits Blancs, les Gilets jaunes américains, les classes moyennes, beaucoup de « cols bleus » et même des minorités, le milliardaire populiste n’était en effet pas celui qu’on nous a raconté. 

Disruptif, ce bodybuilder de la politique avait contre lui à la fois les médias, l’establishment et le mur de l’argent. Si l’on compare les collectes de fonds des candidats républicains et démocrates au Sénat, « la finance », comme disait l’autre, avait clairement choisi les partisans de Biden, dont la capacité financière était souvent deux fois plus grande.

On ne pleurera pas Trump. la fin, ce n’est pas lui qui est à plaindre, c’est nous, les médias. L’honneur du journalisme est certes d’avoir une morale et des opinions mais aussi d’éveiller les esprits, de gratter où ça fait mal, tout en sachant toujours garder du recul. L’épisode américain laisse à penser que notre métier déteste de plus en plus l’information, surtout quand elle dérange, ce qui est souvent le cas. La preuve, faisant fi de toute déontologie, le soir du scrutin, il s’est érigé en censeur du président sortant, plusieurs chaînes américaines de télévision coupant son discours, au lieu de le diffuser pour le dézinguer après.

Quand les médias tronquent ou expurgent au nom du Bien et du Mal, c’est qu’ils ont la maladie. Ils donnent alors raison à l’un de nos bons philosophes, Georges Wolinski (1934-2015), caricaturiste et martyr de la liberté d’expression, qui observait, résumant la vox populi : « Les journalistes ne disent pas la vérité, même quand ils la disent. »

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