Le virus qui fait perdre la tête aux politiques.

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Covid-19 : le virus qui fait perdre la tête aux politiques.

À l’issue d’une semaine dantesque, propositions et initiatives pour sauver le petit commerce fleurent bon la démagogie.

La fermeture des librairies n’en finit pas de contraindre le gouvernement à des contorsions ubuesques. « Par souci d’équité », les grandes surfaces ont été contraintes de ne plus vendre de livres, puis de retirer de leurs rayons toutes sortes de produits considérés eux aussi comme « non essentiels ».

Pour se racheter encore, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire qui avait été le premier, lors du premier confinement, à considérer que les livres sont des biens de première nécessité, promet ensuite que le chiffre d’affaires réalisé par les libraires grâce au « cliquer-collecter » sera un bonus qui n’affectera pas le montant des aides qu’ils percevront. Enfin, ceux-ci « pourront déposer auprès de l’Agence de services et de paiement (ASP) une demande de remboursement » de leurs frais d’expédition. Une initiative sympathique au charme discrètement bureaucratique…

Concours de créativité.

Arnaud Montebourg, fort de son expérience entrepreneuriale, participe lui aussi au concours Lépine du soutien à l’activité, avec une idée pour le moins originale : « J’aurais préféré fermer les supermarchés, parce qu’au moins ils ont de l’argent pour indemniser leurs salariés, et laisser ouverts les commerçants, parce qu’au moins ils sont un peu plus éparpillés, et cela permet de répartir le risque », a-t-il déclaré, jeudi, sur France Inter. Quand on sait que la grande distribution assure les trois quarts de l’approvisionnement alimentaire des Français, on imagine le chaos logistique qui en résulterait. Homme de gauche, l’ancien ministre de l’Économie a-t-il par ailleurs songé au surcoût pour les ménages modestes qu’engendrerait une telle fermeture ? Et aux centaines de milliers de salariés, souvent modestes eux aussi, qui tomberaient de ce fait dans le régime du chômage partiel ?

À droite, Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, souhaiterait, quant à lui, rouvrir les petits commerces et permettre à chacun de leurs clients de s’y rendre une fois par semaine seulement, muni d’une attestation non renouvelable avant un délai de sept jours, délivrée sur l’application TousAntiCovid. Il justifie cette trouvaille par la nécessité de réguler les flux dans les magasins. Est-il vraiment nécessaire pour atteindre un tel objectif de monter ce genre d’usine à gaz numérique ? Ne serait-il pas plus simple de limiter l’accès aux librairies, aux fleuristes, aux magasins de jouets à un ou deux clients à la fois ?

Les autres candidats à ce concours de créativité kafkaïenne ont jusqu’au 12 novembre pour déposer leur contribution. C’est la date fixée par le gouvernement pour rediscuter des modalités d’accès aux commerces fermés pour cause de confinement.

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