Réponse à une femme libre…

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Le blasphème de Maïwenn dans « Paris-Match »

L’anti-Alice Coffin.

Maïwenn a blasphémé la religion du néoféminisme et ça ne passe pas


Interviewée par Paris-Match à l’occasion de la sortie de son nouveau film « ADN » où elle explore des thèmes qui lui sont chers, le retour aux origines et la quête d’identité, la réalisatrice a évoqué sa féminité, son rapport à la séduction et embrayé sur les féministes auxquelles son discours déplaît. « C’est fou ce que les féministes peuvent dire comme conneries. Elles n’aiment pas les hommes » dit-elle, avant de voler au secours de ces derniers : « Moi je suis pour dire aux hommes à quel point on les aime. Il faut arrêter de dire que ce sont tous des pervers ».


Roselyne Bachelot sommée de se positionner

Ses propos maintes fois repris et surtout réinterprétés à l’aune de l’idéologie victimaire en vogue ont suscité la haine des internautes, et même Roselyne Bachelot a été sommée de trancher sur ce sujet au micro d’Apolline de Malherbe. La ministre de la Culture, visiblement embarrassée, a refourgué comme alpha et oméga de sa pensée une phrase fourre-tout qui ne mange pas de pain : « Moi ce que je veux c’est combattre le sexisme ». Bien envoyé Rosie ! La faim dans le monde aussi peut-être, dans la foulée ? Et d’assurer ensuite qu’elle se serait elle aussi levée, « c’est sûr », comme Adèle Haenel, à l’annonce de l’attribution du César à Roman Polanski si elle avait été ministre de la Culture à l’époque.  On le sait, en 1945, tout le monde était résistant.

La lecture de l’interview (et ses promesses de soufre) décevra le vrai amateur de scandales. N’y allez pas, on l’a survendue ! Les propos sont déformés. Non, Maïwenn n’encourage pas le viol et ne justifie pas le harcèlement quand elle déclare sans fausse pudeur qu’elle aime se faire draguer dans la rue : « Je ne me suis jamais sentie offensée parce qu’un homme portait un regard bestial sur moi. Au contraire, je prends ça comme un compliment ». Plaire et susciter le désir peut effectivement être exquis et fait partie du jeu éternel entre hommes et femmes, voire garantit leur égalité. Maïwenn fait ainsi écho à la tribune signée par cent femmes après l’affaire Weinstein, dont Catherine Deneuve revendiquant « le droit d’être importunée indispensable à une liberté sexuelle »

Maïwenn ne soutient pas Adèle Haenel 

Dire que Maïwenn soutient ou défend Polanski est une surinterprétation : « Polanski a reçu un prix pour un film formidable, où est le problème ? On ne lui a pas non plus décerné un prix Nobel ! Adèle Haenel doit avoir un gros bobo quelque part pour être partie comme elle l’a fait. Le politiquement correct dans ce milieu, aujourd’hui, exige de se déclarer pour elle. Eh bien moi je ne le suis pas ! Toute cette clique de féministes n’a réussi qu’à faire du mal à la victime de Polanski qui, depuis quarante ans, ne demande qu’une chose : qu’on lui fiche la paix ! » Même si on peut déplorer l’emploi du terme « bobo » pour désigner les attouchements dont l’actrice aurait été victime dans son adolescence et regretter que Polanski n’ait malgré tout jamais eu à répondre de ses actes devant la justice, il n’en reste pas moins que Maïwenn se contente de souligner que c’est avant tout une œuvre qui était consacrée ce soir-là plutôt qu’un homme, d’autant plus – et elle est bien placée pour le savoir – qu’un film est aussi le fruit d’une équipe. Défendre une œuvre et défendre son auteur, ce n’est pas tout à fait la même chose, mais il est vrai que le sens de la nuance semble échapper cruellement aux jugements hâtifs de notre époque.

Le néoféminisme n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées: la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes

Car cette tempête dans un verre d’eau en dit long sur la vacuité et la vanité du discours néoféministe et montre une fois de plus son imposture. Importé du monde anglo-saxon, ce féminisme radical ne cherche pas à valoriser les femmes mais bien à rabaisser les hommes. Il n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées : la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes. Sa logorrhée indigeste s’accompagne d’une appropriation des codes masculins caricaturaux, où on trouvera par exemple le célèbre hirsutisme militant et combatif, un acte de bravoure qui consiste en l’exhibition de ses aisselles velues car, sachez-le, un poil qui pousse sous le bras, c’est un homme cisgenre qui meurt quelque part sur Terre ! Il faut en convenir, le combat est audacieux et ne manque pas de panache à l’heure où de pauvres filles à travers le monde – et aussi dans des quartiers en France – se battent ridiculement pour exiger le droit d’être regardées comme des êtres humains et même parfois – les gourdes – d’être regardées tout court !



La réalisatrice de l’excellent Polisse tacle ensuite les excès du mouvement #metoo et renvoie chacun à ses responsabilités : « moi, si j’accepte de me rendre dans la chambre d’un homme à une heure du matin, je me doute bien que ce n’est pas pour parler d’un rôle…  ».  Elle en appelle, non sans maladresse, à une vertu oubliée qu’on appelle le sens commun, qui s’instaure dans les relations humaines, loin des théories, et aux conventions que peuvent générer une civilisation où on considère que chacun – homme tant que femme – possède son libre arbitre. Effroyable à une époque où on cherche sans cesse des excuses et des pathologies pour infantiliser l’individu et ou on s’ingénie à rester au premier degré sur l’échelle de la subtilité.

Maïwenn refuse la victimisation

Nous sommes certes dans une société qui a le culte de l’administration et de la paperasserie, mais on ne va tout de même pas faire une lettre recommandée avec constat d’huissier pour demander à quelqu’un s’il veut bien coucher avec vous. Le contexte, les regards et les sous-entendus sont autant d’accords tacites qui, le plus souvent, en cas de malentendus, peuvent être conclus par un « non » et dans le meilleur des cas reconduits.
Mais surtout, le grand tort de Maïwenn est de ne pas jouer le jeu de ces féministes qui voient dans toutes les femmes des victimes, toutes sans exception, qu’elles aient du pouvoir où en soient dépourvues, et dans tous les hommes des coupables au nom d’une culture du viol séculaire, instituée par le joug masculin qui fait ainsi de tout rapport hétéronormé une agression.

Dans leur propre code pénal, le regard est déjà qualifié de viol et le harcèlement sexuel intervient dès qu’on vous tient galamment la porte. Quant au monstre qui ose payer l’addition au restaurant, il n’est rien moins qu’un dangereux criminel à haut potentiel de récidive, fasciste de surcroît pour peu qu’il soit blanc et quinquagénaire. Les condamnations sont sévères et sans appel et le système de preuves basé sur la délation.

Un tel puritanisme est curieux, quand on songe que la culture progressiste des néoféministes encourage à célébrer et surtout mettre sous le nez de tout un chacun clitoris, vagin ou sang des règles dans les publicités ou l’art subventionné, prétendant ainsi défendre la cause des femmes. Exit le décolleté, les lèvres mordues ou les yeux de velours, c’est trop vulgaire. Désormais, l’esthétique est vulvaire.

“Beaucoup de femmes pensent comme moi”

Très curieusement, celles qui trouveront les propos de Maïwenn scandaleux sont restées silencieuses quand il s’est agi de défendre Mila menacée de mort pour blasphème et accessoirement copieusement insultée car lesbienne, les femmes harcelées à la Chapelle-Pajol, la jeune Bosniaque tondue ou les viols de Cologne. Leur cible est avant tout le patriarcat occidental incarné par la domination de l’homme blanc, mâle alpha et premier des porcs devant tous les pourceaux de la terre. Il piétine tout ce qui lui est étranger. Il est coupable, d’emblée coupable, forcement coupable.

Le filtre victimaire avec lequel les néoféministes envisagent la société épargne les hommes et les cultures qui ne sentent pas cette odeur rance et nauséabonde propre à l’occidental blanc et judéo-chrétien. Entre victimes d’une même domination, on peut même se tripoter n’en-veux-tu pas-en-voilà, ce n’est plus du viol mais la convergence des luttes. Une consolation qui n’a même pas amené un merci de la part des femmes violées et harcelées à leurs consœurs. Quelle ingratitude.


Maïwenn l’assure et elle a raison : « Beaucoup de femmes pensent comme moi ». C’est une évidence mais la majorité silencieuse ne l’emporte pas et, en plus de déclencher un appareil juridique de plus en plus inquisiteur et liberticide, l’entrisme des associations féministes porteuses de cette idéologie dans les institutions publiques et leur complicité avec l’indigénisme contribuent à communautariser davantage la France. On traque, on flique et on censure.

Maïwenn avoue avoir renoué avec ses origines algériennes en demandant un passeport algérien et en vivant une partie du temps dans la patrie de son grand-père, ancien combattant auprès du FLN et récemment décédé. Ce retour aux sources, surtout pour elle, enfant abîmée par des parents qu’elle a jugés toxiques, un père violent et une mère obsédée par le succès qui la traînait sur les tournages, est peut-être à mettre en perspective avec ses prises de position d’un féminisme plus classique, qui ne refuse pas l’altérité hommes/femmes mais plutôt la cherche et l’encourage. « Plus un homme est viril, plus je me sens féminine ». On n’appartient jamais uniquement à soi-même. Si les hommes cèdaient totalement à l’émasculation qu’on leur impose, les femmes iront trouver – et c’est déjà le cas – auprès des hommes issus de cultures plus virilisées ce qui manque désormais à la nôtre, si couarde, en train de s’effilocher par la perte de ses repères et ses valeurs, par le renoncement, par la lâcheté et la soumission. Même si la fin du monde est peut-être proche, mesdames, continuez de rouler des hanches sur les trottoirs, larges ou pas. Elles ne passeront pas.

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