La France : « Ecr…l’inf… »

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Le crime est tellement atroce, le rituel de la décapitation tellement barbare, que nous avons tous envie de nous persuader que nous venons d’atteindre le seuil de l’intolérable et que nous sommes, par conséquent, à un tournant, que la dynamique de l’abominable ne peut que s’inverser. L’attentat contre la liberté d’enseigner est tellement contraire à notre tradition républicaine et à notre pacte social que, décidément, il ne sera pas toléré, et que le mouvement de l’indignation générale va inverser le sens de l’histoire.

Les paroles du président de la République sur les lieux mêmes du crime, reprenant, à travers le « ils ne passeront pas ! » l’esprit de la résistance antifasciste durant la guerre d’Espagne, font que l’on peut espérer voir enfin le gouvernement prendre des mesures à la hauteur du déni. Je crains malheureusement que nous ne soyons vite déçus.

La barbarie ?

Le 4 octobre 2002, à la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, une jeune fille de 17 ans, Sohane Benziane, aspergée d’essence dans un local à poubelles, mourait brûlée vive pour une dérisoire affaire de concurrence amoureuse. J’écrivis alors, le 10 octobre 2003, « Quand j’apprends que lors de « l’incident » [d’] octobre 2002, les forces de l’ordre intervenant pour DES PRO sauver Sohane ont été accueillies par des insultes et des jets de pierre, que dans les jours suivants, une collecte a eu lieu dans la cité pour organiser la défense de la petite frappe, que la plaque apposée à la mémoire de Sohane a été brisée : que celle qui lui a été substituée évite soigneusement la mention « brulée vive », et que lors de la reconstitution du crime le criminel a été acclamé… » Je me demande déjà jusqu’où iront la compréhension et l’indulgence. Nous ne vaincrons l’islamo fascisme qu’avec l’aide des musulmans et plus encore des femmes d’origine musulmane, ces combattantes

La barbarie, il y a longtemps donc, à travers les attentats et les crimes, que nous la tolérons. Je demande seulement combien de décapitations de professeurs seront nécessaires pour que l’islamo-gauchisme nous autorise enfin à employer le mot « ensauvagement », qui, par ailleurs, a fait l’objet d’un grave et ridicule débat au sein même du gouvernement.

La liberté d’enseigner ?

C’est encore en 2002 que, sous la direction d’Emmanuel Brenner – pseudonyme de Georges Bensoussan-, et avec, notamment, la collaboration de Barbara Lefebvre, a paru un livre dont le titre est à lui seul un état des lieux, les Territoires perdus de la République (nouvelle édition, Pluriel, 2015). Rédigé par des professeurs du secondaire de la région parisienne, il montre les effrayants progrès de l’antisémitisme, du racisme et du sexisme dans le milieu scolaire. Du côté de la gauche soumise et bien-pensante, on tousse et on regarde ailleurs. Deux années plus tard (2004), le rapport de l’inspecteur général Jean-Pierre Obin sur « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires met le doigt sur la plaie et décrit les progrès rapides de l’islamisme radical au détriment de la laïcité. Jusqu’à Jean-Michel Blanquer, le premier ministre de l’Éducation à faire face avec lucidité et courage, les passagers de la Rue de Grenelle toussotent et enterrent le rapport

En septembre, dans un nouvel ouvrage, Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, le même Jean-Pierre Obin montrait que ce n’est pas d’aujourd’hui que l’islamo-fascisme appelle au meurtre des professeurs, ennemis d’Allah. Rien de nouveau donc, et vingt ans de perdus. Vingt ans que la liberté d’enseigner n’existe plus en France, vingt ans que le maitre n’est plus libre de ses paroles au sein de sa classe.

La male résolution d’Emmanuel Macron :

il a fini par nommer les choses et les personnes, et désigne l’islamisme radical comme un mouvement d’assassins. Enfin ! Était-il pourtant bien indiqué au printemps de déclarer « faire la guerre » au virus, et, à l’automne, « faire barrage » au terrorisme ? J’aurais préféré le contraire : faire barrage au virus et la guerre au terrorisme.

Car il est vrai que nous sommes en guerre, vrai que, pour la première fois depuis l’Occupation, la France n’est plus libre… Elle est un pays où l’on ne parle plus sans mille précautions, de crainte de subir les critiques de l’islamo-gauchisme, la mort morale sur les réseaux sociaux et la mort physique sous le couteau des islamistes. Qui, aujourd’hui, la police doit-elle protéger : nos ennemis déclarés, les propagandistes de l’islam radical, ou leurs victimes ?

Car c’est l’honneur de la France tout entière que, face à une vague ininterrompue d’actes terroristes, elle n’ait jamais répondu par la vengeance aveugle, la haine irraisonnée, le pogrom. C’est là, je le répète, notre honneur, et la promesse de la victoire finale. Mais ne nous y trompons pas : le combat sera long. Si, au moins, l’indignation actuelle contribuait à nous débarrasser de l’islamo-gauchisme, sans lequel l’islamofascisme ne saurait prospérer, un grand pas en avant serait accompli. Car l’idéologie du fanatisme et de la terreur, qui tend à gagner nos écoles, nos hôpitaux, et jusqu’à nos esprits, ne se maintient qu’à cause du soutien massif qu’elle reçoit de la part d’une fraction de la gauche, perverse et dévoyée.

La liberté finira par triompher, par les armes de l’esprit citoyen et de la vérité. Le meurtre abominable de notre collègue Samuel Paty est pour toute la corporation des historiens, un motif de douleur, mais aussi de fierté. C’est pourquoi, afin de lui rendre hommage, je signe : Jacques Julliard, professeur d’histoire.

Le titre fait référence à l’expression cryptée « Écrasons I‘infâme ! » que Voltaire Inscrivait à la fin de ses lettres pour désigner le fanatisme, c’est-à-dire, alors, l’Église. * Le Figaro magazine, 17 octobre 2020.

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