France : « Ils n’ont rien fait… »

L’atroce décapitation du professeur de Conflans-Sainte-Honorine a fait replonger Didier Cornara, 58 ans, dans un cauchemar déjà vécu il y a à peine plus de cinq ans. Didier est le frère d’Hervé Cornara, première victime du terrorisme à avoir été décapitée sur le sol français dans un attentat islamiste. C’était le 26 juin 2015, à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Yassin Salhi, 35 ans, chauffeur-livreur de la société de transport d’Hervé Cornara, avait assassiné son employeur âgé de 54 ans, puis accroché la tête de sa victime à un grillage, entourée par deux drapeaux de la chahada, la profession de foi islamique.

L’auteur de ce crime barbare avait ensuite tenté de faire sauter une entreprise classée Seveso. Mis en examen pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste », l’homme avait pourtant expliqué que son acte était la conséquence d’un conflit avec son patron. « Ce qui est complètement faux. C’était bien un acte terroriste », s’emporte Didier Cornara, joint ce week-end. Les enquêteurs avaient découvert que Salhi avait des liens avec les milieux islamistes. Yassin Salhi s’est suicidé en prison le 22 décembre 2015, emportant ses secrets.

Choqué par ce nouvel attentat, Didier Cornara dit comprendre ce que peuvent vivre les proches du professeur assassiné. Et ce qu’il a enduré, lui et les siens, remonte douloureusement à la surface. « C’est terrible lorsqu’on vous remet le corps de votre défunt en deux pièces et qu’on vous dit qu’il a été décapité par des fanatiques, témoigne Didier Cornara. Je me suis battu pour qu’il soit recousu, maquillé, afin que ma maman ne voit pas l’horreur. Il est impossible pour une famille d’être en paix dans une telle situation. De voir que, cinq ans après mon frère, on décapite comme ça un professeur, sur un trottoir, réveille beaucoup de choses en moi. »

Les ministres, « ils n’ont rien fait »

Le frère d’Hervé Cornara raconte que l’attentat du 16 juin 2015 a brisé sa famille. « La femme d’Hervé et son fils ont eu des problèmes de santé à cause de ça. Ils ont déménagé. Nous n’avons plus de contact avec eux. L’entreprise de mon frère a fait faillite », énumère Didier Cornara qui vivait à l’époque en Asie. « J’ai dû revenir en France et j’ai tout perdu. Et aujourd’hui, on a oublié mon frère, premier décapité sur le sol français », se désole-t-il avant de laisser éclater sa colère. « Après la mort d’Hervé, plusieurs ministres sont venus nous voir pour nous dire que ce qui s’était passé était terrible, qu’ils n’allaient pas laisser faire. Finalement, ils n’ont rien fait. Cinq ans après, un professeur est décapité. Et qu’est-ce que je vois à la télé ? D’autres ministres qui viennent dire que l’on va faire une journée d’hommage, un rassemblement et une minute de silence… » Constatant que l’histoire se répète, Didier Cornara questionne : « On attend donc qu’une troisième personne se fasse décapiter ? J’ai vu l’ancien ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, en poste à l’époque de l’assassinat de mon frère, dire à propos de cette nouvelle décapitation : quel chagrin. Il n’a rien d’autre à dire ? »

Le frère d’Hervé Cornara se demande quand « nos politiques vont-ils sortir les mains de leurs poches et mettre dehors ces imams, ces prédicateurs et tous ces gens qui prêchent et attisent la haine ». Il assume et précise ses propos. « Quand je dis ça, ce n’est pas du racisme. On est juste en guerre. Et il faut combattre l’ennemi. Lorsqu’on décapite un professeur sur un trottoir, si ce n’est pas une guerre, c’est quoi alors ? » Un autre épisode remonte à la surface. Il a terriblement blessé Didier Cornara après la mort de son frère. « Alors que son assassin était en prison, nous avons dû lui verser son salaire, ses congés payés, ses indemnités car il était employé dans l’entreprise que dirigeait mon frère. C’est juste insupportable. »

Que dire de plus…C’est édifiant…

Aucun n’est menacé de laxisme ayant entrainé la mort… Et pourtant !

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