France : Les folles soirées Nantaises…

Insécurité : chronique ordinaire d’une soirée nantaise

Racket, vols à l’arraché, agressions : les actes délictueux orchestrés par les délinquants se multiplient et alimentent le sentiment d’insécurité des Nantais.

17 h 30, place du Commerce

Sur l’allée Brancas, qui part de la place du Commerce vers la place du Bouffay, hauts lieux de la vie nocturne nantaise, avec l’île Feydeau, de l’autre côté de la ligne de tram, les rames de la ligne 1 déversent leurs flots de voyageurs. Foule compacte d’employés, de cadres, d’étudiants et de chômeurs qui transitent vers les stations des lignes 2 et 3 du cours des 50-Otages, perpendiculaire. C’est le terrain privilégié des voleurs à la tire et des dealers, qui y repèrent leurs proies, les approchant d’un bras autour des épaules ou de petits jeux de jambes détournant l’attention. En ce jour ordinaire, ils se font discrets, dissuadés par une forte présence policière. Trois cars de CRS stationnent un peu plus loin et des patrouilles de cinq à six fonctionnaires arpentent sans discontinuer l’asphalte, sous les marronniers centenaires.

« Aujourd’hui, c’est calme, confirme un policier municipal. D’habitude, c’est bourré de dealers et de pickpockets. » Soudain, cinq agents partent en courant dans les rues adjacentes, à la poursuite d’un petit groupe de jeunes jugés suspects. Avant de revenir bredouilles. Et de contrôler un jeune homme qui ne porte pas de masque, signe apparemment distinctif des petits délinquants qui sévissent dans le secteur. Ils sont souvent en survêtement, avec des chaussures de sport. Les policiers lui demandent son identité. « Karim », répond le jeune, passablement énervé et menaçant de porter plainte ! Né au Maroc, en 2003, selon ses dires.

« Sur les quais, dans les rames, on les fréquente tous les jours, confie Marie , membre de l’équipe de prévention de la TAN (Transports de l’agglomération nantaise), évoquant l’omniprésence des pickpockets. On passe notre temps à dire aux gens de faire attention à leurs affaires, à leur sac, à leur portable. Mais cela n’empêche pas les problèmes, du simple racket à l’agression. Ils sont très organisés, se passant de la main à la main les téléphones volés avant de disparaître. » 

Zone à risques. Cours des 50-Otages, l’une des principales artères de la cité. Au menu du soir : dealers et « punks à chiens ».

20 h 30, place du Bouffay

En cette douce soirée de septembre, les terrasses des cafés et des restaurants sont bondées, remplies de Nantais qui profitent des derniers rayons du soleil. Les conversations vont bon train, insouciantes. À quelques coins de rues sont apparus des petits groupes de jeunes, dont l’oisiveté laisse supposer les troubles intentions. Ils parlent fort, s’agitent beaucoup, s’interpellant d’une rue à l’autre, la plupart du temps en dialectes nord-africains. Derrière les comptoirs, près des terrasses, les travailleurs de la nuit racontent les scènes dont ils sont régulièrement témoins. Et leurs récits se ressemblent tous : vols à l’arraché de chaînes et de colliers ou de portables posés sur les tables, bagarres au couteau. « Je surveille sans arrêt la terrasse, raconte Valérie, piercing au sourcil et bagues aux doigts, qui ne se déplace plus sans sa bombe lacrymogène. Il faut un peu materner les clients, ils ne se méfient pas. »

Beaucoup, à commencer par les femmes, ont pris conscience des risques d’agression en regagnant leur domicile. « Je ne rentre plus jamais seule chez moi, explique Anne, 20 ans, étudiante en médecine. Je préfère prendre un taxi, même si c’est tout près. » Mêmes craintes chez les barmen, qui ne se déplacent plus, après leur service, qu’à moto ou accompagnés.

« Les agressions ? C’est devenu astronomique ! Quant aux vols en terrasse, c’est horrible ! », se désole Patrick, responsable d’un restaurant de la place du Bouffay, tandis qu’une ombre furtive vêtue d’un sweat sombre frôle notre table et s’éloigne rapidement. « Voilà comment ils opèrent !, observe Patrick. Ils passent entre les rangées de tables et repèrent les téléphones ou les portefeuilles qui traînent, tandis que leurs complices sont postés aux quatre coins de la place. »

22 h 30, île Feydeau

Sur les marches qui bordent une langue de pelouse figurant un ancien bras de la Loire, une demi-douzaine d’individus fument des cigarettes, scrutent leurs portables et s’échangent des bouteilles d’eau remplies d’un breuvage coloré. « Ce sont des boissons alcoolisées, mélangées parfois avec des amphétamines, croit savoir le barman du débit de boissons voisin. Quand ils sont défoncés, ils n’ont plus peur de rien. L’autre jour, l’un d’eux a traversé ma terrasse en faisant claquer son couteau. » Ces jeunes, qui n’ont guère plus de 25 ans pour les plus âgés, sont manifestement aux aguets, jetant des regards noirs et suspicieux. « Pas mal sont d’origine étrangère, mais il ne faut pas généraliser, précise le barman. Beaucoup de jeunes des cités, qui ont une vie tout à fait normale, se plaignent d’ailleurs d’être stigmatisés à cause d’eux. » Mus par un mystérieux mot d’ordre, les voilà qui se dispersent tout à coup comme une volée de moineaux. L’heure de la fermeture des restaurants approche, avec son lot de proies potentielles. À savoir, l’étudiant ou l’hédoniste passablement alcoolisé rentrant chez lui.

Ras le bol ! En janvier, ils étaient plusieurs centaines de commerçants à s’être rassemblés place Royale afin de dénoncer les agressions dont ils sont témoins ou victimes, et intimant aux autorités d’agir.

Minuit et demi, place du Commerce

Entre deux rames de tram embarquant les derniers noctambules, l’allée Brancas est désormais déserte. À deux pas, au coin du cours des 50-Otages, un groupe de dealers, adossés contre les immeubles, n’a pas bougé de son poste depuis le début de la soirée. « Voleurs à la tire ou dealers, ce sont les mêmes, assure un agent de la TAN, qui travaille depuis des années la nuit et connaît parfaitement leur manège. Ils sont organisés comme une entreprise, avec rabatteurs et receleurs. L’autre jour, j’en ai vu un embobiner une jeune fille et lui voler son collier, en 10 mètres, j’ai halluciné. Alcoolisés, ils peuvent aussi être très violents entre eux et sortir les couteaux ou des tessons de bouteille. Le plus triste, c’est que certains sont très jeunes, des minots. »

De l’autre côté du boulevard, des silhouettes désœuvrées déambulent de chaque côté de l’entrée de la petite rue Beauregard, où la fête bat encore son plein. Sans doute un réservoir de cibles potentielles pour refourguer du cannabis ou subtiliser un portable.

La douceur Nantaise…c’est bien connu!!!

N’est-ce pas monsieur Jean-Marc Ayrault…Voilà où mène l’excès de fermeté et de convictions…

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