France : « Désarmer les forces de l’ordre, c’est désarmer la République »

Pour l’expert en sécurité, la machine publique n’est peut-être pas parfaite, mais elle fonctionne correctement, malgré un climat délétère.

Paris, Dijon, Stuttgart… Nous vivons en effet dans une société d’injustice. Mais pas celle que veulent nous vendre des activistes venus des nébuleuses idéologiques de l’ultragauche, du décolonialisme ou même parfois simplement de petits délinquants profitant de l’effet d’aubaine dans le but de s’exonérer de leurs responsabilités et de prétendre au statut d’éternelle victime.

L’injustice, c’est de vivre dans une arène médiatique permanente où des activistes et des idéologues, voire des parlementaires « Insoumis », soutenus par des bobos inconséquents et des amateurs de postures avantageuses, ambitionnent de prendre la place de la chaîne pénale, du système judiciaire et de l’ensemble de l’édifice politico-administratif. Tout en désarmant au passage les forces de l’ordre !

Lynchage réputationnel

Ceci afin d’imposer leur propre vision du monde, qu’ils prétendent démocratique et émancipatrice, alors même qu’elle ressemble fort à un état de nature en quête de boucs émissaires (à la mode de Hobbes et René Girard). Dans leur monde idéal règne le lynchage réputationnel : les procédures, ainsi que les preuves, n’ont plus aucune importance. Pas davantage que la présomption d’innocence, la modération ou le sens des nuances. Sous leurs applaudissements, les réseaux sociaux accèdent au rang d’unités d’enquête, de police judiciaire… Dans notre pays, un État de droit (il faut tout de même le rappeler), il existe des magistrats, des inspections générales (de la police, de la gendarmerie, de l’administration, etc.), des mécanismes de recours, et une pluralité d’intervenants dans le débat public qui garantissent un minimum de droits pour tous. Prétendre le contraire est inepte.

Certes, c’est incontestable, des erreurs sont toujours possibles, des absurdités bureaucratiques irritent souvent et légitimement les citoyens, des privilèges choquent parfois – à raison – ceux dont la vie quotidienne ne s’articule pas sur des réseaux d’amis et de connivence. Tout cela est vrai. Pour autant, on ne peut pas à chaque instant dire n’importe quoi en prétendant que la démocratie représente une imposture. Nous n’habitons pas en Chine ou en Corée du Nord.

La police et la gendarmerie font leur travail. Elles appliquent la loi ; quand des usages illégitimes de la force, des fautes individuelles, des manquements à l’éthique ou à la déontologie sont commis, le « système » les sanctionne. La machine publique n’est pas parfaite, sans doute, mais elle fonctionne cependant correctement. On voit bien en revanche ce qui dysfonctionne : le climat mental de notre pays, sa température civique, sa culture républicaine corrodée par le communautarisme, les offensives médiatiques de l’ultragauche et un politiquement correct angoissant qui bâillonne toute forme de liberté de ton et de pensée, à l’ancienne, façon « ordre moral ».

Toutefois, il n’est pas uniquement question d’atmosphère idéologique. Du côté des différentes catégories de contestataires, une thématique émerge : celle du désarmement des forces de sécurité intérieure (FSI). Elle constitue l’effet final recherché de nombreuses manœuvres stratégiques et tactiques depuis de longues années. Si l’on suit de près la littérature d’ultragauche, des black blocs aux antispécistes en passant par les antifas et les anarchistes autonomes, le désarmement policier devient une musique d’ascenseur : elle ambiance le reste du discours, de la doctrine. C’est d’ailleurs fort rationnel, bien pensé, solidement charpenté. Cette nébuleuse politique dispose de cerveaux subtils, rusés, peut-être « non disponibles » mais fort bien disposés au raisonnement stratégique et à la « guérilla » informationnelle. La dénonciation opportuniste et fallacieuse de « violences policières » dans l’Hexagone, en manipulant par exemple la séquence de l’interpellation justifiée d’une infirmière agressant les FSI, ou l’exploitation du triste décès de George Floyd (l’appareil policier aux États-Unis ne ressemble pas au nôtre), s’inscrit dans une habile opération de guerre de l’information. La pression médiatique qui découle des mobilisations de rue, fort restreintes mais puissamment relayées sur certains segments des réseaux sociaux et dans les médias, fabrique une caisse de résonance parisianiste, une bulle digitale favorable à l’épanouissement chirurgicalement ciblé (militants, journalistes, univers académique, personnel politique) du storytelling des activistes.

Débat de microcosme parisien

Cette dynamique agit alors comme une onde visant trois objectifs : elle ambitionne d’influencer les techniques de maintien et de rétablissement de l’ordre, l’appréciation éthique portée sur l’accomplissement au quotidien de leurs missions par les policiers et les gendarmes, et enfin les normes (l’encadrement législatif) qui sous-tendent le travail du ministère de l’Intérieur. Il convient donc, précisément, de se montrer imperméable à cette stratégie d’influence.

N’allons pas croire, et il s’avère capital que les politiques le comprennent, que cette mécanique produit des effets majeurs sur l’immense majorité de la population. Les Français ne font pas de procès à leurs FSI. Ce débat agite le microcosme parisien, intello-bobo et médiatique. Les vrais combats, les véritables défis se situent ailleurs. N’en citons qu’un seul dans le champ qui nous occupe ici : reconquérir les « territoires perdus » de la République… Le désarmement de la police est une plateforme créée par l’ultragauche afin d’organiser la fantasmatique « convergence des luttes » : outil doctrinal et opérationnel cherchant à fragiliser la capacité de résistance de l’État de droit, elle ne sert que les projets de radicaux violents, amoureux des convictions qui s’imposent par le poing. L’armement des forces de l’ordre, utilisé avec discernement et sens des responsabilités, c’est le rempart de la République.

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